
Ton corps garde-t-il en mémoire les trainings passés ?
Ton corps serait capable d'avoir une mémoire musculaire et de se souvenir des entrainements passés !
Est-ce un mythe ou une réalité ?
C'est une forme de mémoire "des savoir-faire et des habiletés motrices", appelée mémoire procédurale. Quand un mouvement est répété au fil du temps, une mémoire musculaire à long terme est créée pour cette action, ce qui permet de l’exécuter de façon "automatique", sans effort conscient.
La mémoire musculaire permettrait à l’individu, après l’arrêt d’une activité sportive/musculaire, de revenir plus rapidement à son niveau initial. C’est avant tout la connexion et les échanges entre les muscles et le cerveau.
Lorsqu’un muscle est sollicité, il va activer les propriocepteurs (capteurs) présents dans ce même muscle (avec les tendons, articulations,…). Ce sont ces capteurs qui vont indiquer au système nerveux central où se trouve le corps de l’individu dans l'espace, afin qu’il puisse savoir quel muscle solliciter : c’est un échange constant entre muscle et cerveau. De ce fait, le cerveau va pouvoir créer des « passages » dans le système nerveux avec le temps : les mouvements vont donc devenir automatiques. Ce sont ces « passages » qui deviennent essentiellement la mémoire musculaire. Plus ces passages sont utilisés, plus la mémoire musculaire sera solide et ce même après un arrêt de d’activité physique prolongé selon certains chercheurs. Pour simplifier, Il semblerait donc que le corps se souvienne de la façon dont un individu a pratiqué un sport, un mouvement,...
Il est important de comprendre au préalable que ce sont les noyaux (à l’intérieur des fibres musculaires) qui forment, construisent et maintiennent les fibres musculaires. Ce sont les principaux indicateurs de la croissance musculaire au niveau cellulaire.
Une recherche menée par Department of Molecular Biosciences de l'University d'Oslo montre que même lorsque les muscles se contractent, les noyaux développés pendant l'exercice pourraient conserver leurs capacités même lorsque les cellules musculaires rétrécissent, et ce, en raison d'une détérioration avec le temps et/ou d'un manque d'utilisation.
Lorsque les muscles sont soumis à un stress intense (au point d’hypertrophie), c’est à ce moment qu’ils vont développer de nouvelles cellules afin de devenir plus forts. Jusqu’à récemment, les scientifiques pensaient que si les muscles n’étaient plus utilisés, ces cellules créées mouraient mais cette théorie n’est plus valable à ce jour.
Selon les recherches de Kristian Gundersen de l'Université d'Oslo, du laboratoire de Schwartz et de Gundersen (utilisant tous des méthodes différentes de recherches), en réalité, les noyaux de ces cellules rétrécissaient sans disparaître lors de l'atrophie musculaire.
Il sera donc logiquement plus facile pour un individu de se remettre à une activité malgré le temps passé (dû à un arrêt provisoire ou prolongé) et donc de faire re-fonctionner ses muscles « perdus », que de prendre le sport pour la première fois : le corps a gardé en mémoire les expériences passées.

Selon plusieurs études, les muscles de l'être humain auraient une certaine « mémoire » de leur croissance passée qui se situerait au niveau des gènes et donc de l’ADN.
Cela signifie que lorsque les muscles squelettiques se développent, cela va être enregistré en mémoire par les gènes du ou des muscle(s) sollicité(s). De ce fait, cette mémoire musculaire aide à faire progresser le muscle en question et donc à grossir plus tard dans la vie de l’individu.
Les scientifiques ont pu mettre en évidence qu’il existait des gènes "marqués et non-marqués" avec des "inscriptions chimiques spéciales" lorsque un muscle grossit après un exercice, revient à la normale puis recroit à nouveau après un exercice. Ces modifications seraient des modifications épigénétiques et ces inscriptions serviraient d'instructions aux gènes pour leur signifier s’ils doivent être actifs ou inactifs et pour les activer ou les désactiver mais sans modifier l’ADN lui-même.
Le Docteur Sharples, indique dans son étude, qu'il a remarqué que les gènes dans les muscles deviennent davantage « non-marqués » quand ils se développent après un exercice physique déjà réalisé dans le passé. Mais ce qui est intéressant, c’est que ces gènes restent « non-marqués » même lorsque l’individu perd du muscle. Cela démontre donc l’existence de la mémoire épigénétique de la croissance passée du muscle.

Selon l’article de ce neuroscientifique, les parties du cerveau responsables de ce mouvement sont notamment le cortex moteur qui développe des connexions plus solides entre les neurones qui servent de représentation au mouvement. Ce sont ces mêmes connexions qui exercent la mémoire en la rendant meilleure et plus facile d'accès. En conséquence, les individus habitués à exercer un mouvement de manière répétitive et habituelle, ont un cortex moteur avec des zones représentatives inhabituellement grandes pour le(s) muscle(s) en question sollicité(s).
En conclusion, les neurones à l'intérieur des muscles jouent un rôle important certes, mais le schéma de l’activité qui aide à reproduire de manière automatique un mouvement joue aussi également un rôle primordial et se produit à l'intérieur du cerveau.
D’autres études ont préalablement montré que :
Il existe énormément d’études sur le sujet ! Tu peux d'ailleurs retrouver les principales en sources de cet article !
Beaucoup de recherches ont été réalisées sur le sujet, néanmoins, il est encore difficile de tout comprendre pour les scientifiques. Les recherches montrent qu’il est important de pratiquer un sport jeune, de ne pas s’inquiéter d’un éventuel arrêt forcé, et que l’activité physique est primordiale afin de prévenir la fragilité des muscles d’un individu avancé en âge.